Quand un dossier déraille, le premier réflexe est de chercher un coupable. Notre expert, Sébastien Pinoy, en propose un autre : assumer collectivement, exiger individuellement. Une réflexion franche sur le DG garant des équilibres.
Une prime mal calculée pendant plusieurs années. Une gestionnaire de paie qui a fait les encodages. L’affaire semble entendue. Pourtant, en remontant la chaîne, Sébastien Pinoy découvre tout autre chose : une passation bâclée, une formation qui n’a jamais eu lieu, un paramétrage reconduit sans examen… et une direction générale qui tenait pour acquis ce qu’elle n’avait jamais vérifié.
Devant le Bureau permanent, deux phrases sont alors possibles. La première protège le DG et expose un agent. La seconde fait l’inverse. Notre expert, Sébastien Pinoy, explique pourquoi seule la seconde lui paraît tenable dans la durée, sans pour autant transformer le collectif en abri : ce qui s’assume en public peut se traiter fermement en interne.
Au-delà de la gestion de l’erreur, l’article interroge la place du DG, au point de rencontre de deux légitimités : celle des élus, qui décident, et celle de l’administration, qui éclaire. Faut-il soutenir une décision qu’on aurait prise autrement ? Où passe la frontière entre initiative et empiètement ? Que dire au Président quand le calendrier annoncé ne tiendra pas ?
Ancien du secteur privé, Sébastien Pinoy ne cache ni ses frustrations ni ses propres erreurs. Il évoque un projet de fusion de maisons de repos qui ne se passe pas comme prévu, et même un camion de glaces qui a fait plus de déçus que d’heureux.
Un texte sans recette toute faite, mais riche de situations vécues et de repères concrets pour tout directeur général confronté aux arbitrages du quotidien.